LE RITE DE MEMPHIS

 

La plupart des membres de la mission d’Egypte qui accompagnèrent Bonaparte étaient maçons de très anciens rites initiatiques : Philaleptes, Frères Africains, Rite Hermétique, Philadelphes, Rite Primitif, sans omettre le Grand-Orient de France.


C’est la découverte, au Caire, d’une survivance gnostico-hermétique qui va conduire ces frères à renoncer à la filiation reçue jadis par la Grande Loge de Londres.


Ainsi, sous la direction de Samuel Honis et de Gabriel Marconis de Nègre, naît à Montauban en 1815, un nouveau courant maçonnique ne devant rien à l’Angleterre, le Rite de Memphis.

 

Si, très rapidement, le Rite de Misraïm rassemble les Jacobins nostalgiques de la république avec les Carbonari, c’est au sein du Rite de Memphis que se regroupent les demi-soldes de l’ex grande armée et les bonapartistes demeurés fidèles à l’Aigle. Notons que les 2 Rites ont en 1816, le même Grand Maître général, prémices de la fusion future.

 

Mais le Grand Orient de France, majoritairement monarchiste, obtient la dissolution du Rite de Memphis. En 1826 cependant, le Rite reprend ses travaux sous l’Obédience du Grand Orient de France. Dissout comme Misraïm en 1841, Memphis entre, lui aussi, dans la clandestinité. Il ne réapparaît qu’avec la république en 1848. Dissout de nouveau en 1850, réveillé en 1853, Memphis est reconnu par le Grand Orient de France en 1862.

 

Comportant alors de très nombreuses Loges à l’étranger, il compte des personnalités telles que : Louis Blanc et Garibaldi qui, 19 années plus tard, sera l’artisan de l’unification de Memphis et de Misraïm.